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Football et politique : la FIFA pointe du doigt l’Arabie Saoudite

Et si l’Arabie Saoudite ne participait pas à la prochaine Coupe du monde de football qui se tiendra en juin prochain prochain en Russie ? Cette hypothèse a pris de l’ampleur depuis que la FIFA, l’instance dirigeante du football mondial, a ouvert une enquête sur l’ingérence des responsables politiques dans le football saoudien.

Sur le site officiel de la FIFA (Fédération internationale de football association), une interview donnée en 2011 par la Commission des Associations, en charge des relations entre l’instance et les pays membres, permet de bien définir la notion d’ingérence politique. « C’est la tentative d’un gouvernement de contrôler directement le football dans son pays. » En cas de faits avérés, les sanctions peuvent être prises et peuvent aller « jusqu’à la suspension de l’association en question ». À la lecture de l’attitude de l’Arabie Saoudite vis-à-vis de son « ennemi » qatari lors de la dernière Coupe du Golfe, la FIFA pourrait parfaitement suspendre l’équipe nationale et la priver ainsi d’une participation à la prochaine Coupe du monde.

Confusion des genres 

En tous cas, selon le quotidien espagnol AS, l’instance a ouvert une enquête le 20 février dernier et se dit « inquiète de l’utilisation politique récente du football par l’Arabie saoudite et les EAU contre le Qatar, pays hôte de la Coupe du monde de 2022. » Que s’est-il passé ? Les faits remontent au mois de décembre dernier. Le Qatar doit organiser la Coupe du Golfe, une compétition qui a lieu tous les deux ans et réunissant les huit meilleures nations de la région. Or, depuis le 5 juin 2017, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l’Égypte ont rompu leurs relations avec le Qatar, provoquant une importante crise diplomatique dans le Golfe. De nombreuses sanctions économiques ont été prises contre Doha, et notamment l’arrêt des liaisons aériennes, maritimes et terrestres. Face à ce contexte politique brûlant, le Qatar a décidé de laisser le Koweït organiser la compétition.

Une décision qui va permettre à l’évènement sportif d’avoir lieu, mais qui ne va pas empêcher certains protagonistes d’instrumentaliser la compétition à des fins politiques. Ainsi, lors des très nombreuses émissions de télévisions dédiées au football sur les chaînes saoudiennes (toutes contrôlées par l’Etat), des propos haineux ont été prononcés à maintes reprises par les journalistes sportifs. Le Qatar était alors systématiquement qualifié de « pays terroriste » : « les clubs du pays terroriste » les joueurs du pays terroriste », etc. Une propagande grossière, qui transpose la politique sur les terrains. Le 29 décembre, lors de la rencontre Qatar-Bahreïn, des chaînes auraient également offert de gros bonus financiers aux joueurs nationaux du Royaume s’ils « battaient les terroristes ».

Alertée par les propos tenus, la Confédération asiatique de football (AFC) a rapidement informé la FIFA qui a donc ouvert une enquête. Récemment, dans le cadre de la Ligue des Champions d’Asie, le douloureux boycott s’est également fait ressentir. L’équipe d’Al Gharafa a disputé le 12 février dernier un match à Abu Dhabi. Face au blocus aérien, les joueurs qataris ont dû passer par Oman pour rejoindre la capitale des Emirats Arabes Unis. Résultat : un vol annoncé avec 8 heures de retard sans qu’aucune justification valide ne soit donnée. Là encore, l’AFC suspecte une mesquine manœuvre politique des autorités émiraties pour nuire à leur rival.

D’ici les prochains jours, les dirigeants de la FIFA doivent rencontrer les membres de la Fédération d’Arabie Saoudite de football. Alors qu’elle doit participer au match d’ouverture de la Coupe du monde face au pays hôte, la Russie, le 14 juin, l’équipe nationale est, aujourd’hui, en sursis. Tout cela à cause de l’inconscience d’un État qui croit bon déplacer les tensions politiques sur le terrain du football...

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